Les envahisseurs venus de la mer... La Balagne préhistorique Le site préhistorique "A MUTOLA" témoigne de l'existence de constructions dont l'oeuvre serait celle des "Torréens", un des "peuples venus de la mer" [Shardanes, Libyens, Celtes] ou autres guerriers bâtisseurs de tours : "E Torre" Des pointes de flèches en obsidienne, roche volcanique venant de Sardaigne, et des objets en rhyolite ont été trouvés sur ce site et également dans la grotte naturelle située sous l'église San Michele de Speloncato où vivaient probablement quelques individus. Torre, Torricelle, Petricaji, noms de lieux qui évoquent cette ère lointaine. La région fut tour à tour envahie par des Ligures, des Phéniciens, des Celtes qui introduirent la vigne, l'olivier, le blé. Ils exploitèrent le cuivre, le plomb, l'étain, l'argent et le fer. [Ve millénaire avant J.C] L'Antiquité Les Grecs nomment la Corse "KURNOS" et ses habitants "kurnoi ou kersoi". La Balagne portait le nom de "Palania ou Palanta" et, selon l'historien Ambrosi, Speloncato était sans doute la cité dominant cette région. Après les Phocéens, les Etrusques tirent profit des forêts, du miel, des minerais, tandis que les Carthaginois détruisent tout. Rome livre une lutte de plus de 100 ans sans venir à bout des résistants montagnards. Création de la "voie romaine"et des thermes "I Bagni" [200 ans avant J.C]. L'île s'appelle alors Corsica. Le Moyen Age C'est l'époque des Barbares [Vandales et Lombards] qui massacrent, tuent et terrorisent. Ils infectent la côte orientale dotant la Corse pour 15 siècles de fièvre des marais (ou paludisme) et sont chassés par l'empereur byzanthin Justinien 1er. Destruction de la communauté agro-pastorale dans la plaine du Reginu, repli de celle-ci vers Giustiniani puis autour du château (castrum) ou donjon sommaire de la Cima, édifié par Malpensa de la famille dominante en Balagne, les Pinaschi. Giustiniani doit son nom à l'empereur Justinien 1er qui débarrassa la région des Barbares. C'est sous Rome qu'un chevalier balanin a pris le nom de "SAVELLIS". Sur le site de Giustiniani qui comptait une cinquantaine de familles (feux), il reste A Torra (la tour), A Campana et quelques restes d'habitations pastorales éparses. Des sépultures ont été découvertes au début du siècle dernier. Les Lombards introduisirent la "Dette de sang", leur "faida" qui deviendra la Vendetta Corsa. Les Byzanthins et les Ostrogoths envahissent la Corse à leur tour. Durant trois siècles, les Sarrasins pillent, violent et tuent. Ce sont les Maures (ou mores, berbères de Mauritanie), les Barbaresques (peuplade du Maghreb, pirates arabes) qui laissent leur empreinte à Speloncato, San Antonino, Corbara et aux lieux de Capo di moro, Punta ai mori, muratu, muratelle. A cause de la peste et des raids, la "piaghja" est abandonnée. C'est la naissance des "pieve" placées sous l'autorité religieuse des "pievans". Les seigneurs (I sgio) se constituent et prélèvent sur leurs vassaux "l'accattu" créant ainsi le clientélisme. Les Francs, alliés des Papes, font "donation" de la Corse au Vatican par Pépin le Bref. Pise et Gènes convoitent la Corse. Pise édifia de belles églises, Gènes des ponts superbes. Au Sud de l'île, c'est la Terre des seigneurs; au Nord c'est la Terre du commun. Speloncato se range auprès de l'anti-génois Sambucuccio d'Alando. L'île est alors divisée en dix provinces et 66 ou 67 pieve. Speloncato se distingue par son originalité. Il se divise en deux pieve : celle de Tuani (paroisse San Michele) et celle de San Andrea (Eglise Santa Catalina). On dénombre alors 80 familles (feux) sur la première et 82 feux sur la deuxième. La Guerre d'Indépendance. Les Aragonais et les Turcs s'installent avant les Français. Ces derniers convoitent l'île avec Sampiero Corso. Deux clans se distinguent à Speloncato : celui mené par Renucolo (pro-génois) et celui mené par Andrea (pro-français). Le 15 avril 1736, Théodore de Neuhoff est élu Roi de Corse. Son règne s'achèvera le 11 novembre 1736. Ce roi séjourna au couvent de Speloncato. Les Principali de Speloncato ayant déjoué un complot contre le roi, ce dernier fut conduit à 2 heures du matin dans la pieve de Caccia par une escorte d'hommes du village. Sa monarchie éphémère proclamait déjà l'indépendance de la Corse. En juillet 1755, Pascal Paoli est élu Général en Chef de la Nation Corse. Une constitution est adoptée à la consulte de Corte. Jean Jacques Rousseau, Voltaire et Boswell lui tressent des louanges. Cette constitution inspire celle des Etats Unis d'Amérique. Pascal Paoli fonde l'université de Corte et la ville d'Ile Rousse "per impicca Calvi". A ses côtés Spadone de Speloncato (commandant des milices), Pietro Pizzini, I Principali Quilici, Carli, Arrighi de Speloncato. Le 5 mai 1768, Gènes "cède" la Corse à la France. Trois jours après, le 8 mai 1768, c'est la Bataille de Ponte Novu (20000 français menés par le Comte de Vaux face aux patriotes). En aval de son cours, le Golu était couleur de sang. Pascal Paoli séjourna à plusieurs reprises à Speloncato où des consulte se tinrent au couvent. Le 8 septembre 1763 il assistera au curieux passage du soleil par la Petra Tafunata. De 1794 à 1796 on assiste à un royaume anglo-corse éphémère avant le rattachement à la France. |